- Interview
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Un engagement humanitaire
Président de Nos Petits frères et Sœurs depuis 2004, Eric Pinet, 40 ans, met tout son cœur dans l’association humanitaire basée à Pontault-Combault. Entretien.
Comment devient-on président de Nos Petits Frères et Soeurs ?Après des études à Londres et des boulots dans des services marketing de différents groupes, j’ai rencontré, en 2004, le secrétaire général de l’association qui m’a proposé la direction, avec pour mission l’obtention du label qualité, le développement de collectes de dons en France et le renforcement des équipes sur le terrain. J’ai décidé de relever le défi et monté une équipe de salariés et bénévoles. Moi-même salarié jusqu’en 2009, je suis devenu président bénévole après avoir trouvé une opportunité professionnelle à l’extérieur. Ce qui n’enlève en rien mon attachement et mon engagement auprès d’une équipe qui compte aujourd’hui 7 salariés et 9 bénévoles.
Travailler dans une association humanitaire, ça ne rend pas un peu plus humble ?
Si forcément, encore plus quand on va sur le terrain. Je suis allé en Haïti et on en revient chamboulé. Une fois de retour, on ne supporte plus, par exemple, les gens qui râlent dans le RER, on a une vision différente de la vie de tous les jours. Ca remet les choses à leur place. Quand on voit des gens qui vivent avec 1 dollar par jour, ou une gamine de 3 ans abandonnée au pied d’un hôpital qui pleure sa maman séropositive, on regarde notre quotidien français d’un autre œil.
Quel bilan peut-on faire aujourd’hui de la situation, huit mois après le séisme à Port-au-Prince ?
Beaucoup d’Haïtiens n’ont toujours pas de toit, sont en manque de nourriture et d’eau. Il y a de graves problèmes sanitaires, de nombreux enfants n’ont pas d’école. Le problème, c’est que beaucoup d’Etats ont promis de l’argent qui n’est toujours pas arrivé. Il faut espérer que les élections de novembre en Haïti accéléreront les choses.
Peut-on encore envoyer des dons pour Haïti ?
Oui, bien sûr ! Je ne peux pas vous cacher, que compte tenu de la crise, les gens donnent moins facilement. Il ne faut pas oublier ce pays qui va continuer à souffrir pendant longtemps et qui a tant besoin de nous. Je suis en contact avec des acteurs d’Hollywood qui voudraient organiser un match de foot avec des joueurs français dont les bénéfices iront à Haïti.
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